Ma rencontre avec le latex

 

      Je n'avais jamais eu l'occasion de me rendre dans l'Est, il avait fallu une lettre éminemment sympathique de Natacha et son mari pour que je me décide à prendre le train.

      Je débarquais donc, tard le soir, sur un quai de gare pluvieux, sous un ciel bas. 

      En bonne méridionale que je suis, mal armée contre l'humidité, je grelottais et claquais des dents.

      Mes hôtes m'attendaient sur le quai, souriants et amusés de ma mine déconfite. Ils portaient tous deux de longs imperméables qui les couvraient bien, la tête bien protégée par un foulard en latex transparent, ou un chapeau à larges bords.

      On a bien raison de chanter que, si le soleil n'est pas au dehors, il se trouve bien à l'intérieur de ces petites maisons alignées des villages miniers et dans les yeux et la vie de ceux qui les habitent.

      Natacha et François son mari, me reçurent avec la gentillesse coutumière de ces gens.

      Chez eux, le caoutchouc était présent presque partout, de l'ameublement à l'habillement. Le canapé et les fauteuils en étaient recouverts car ils avaient fait remplacer le skaï par un artisan du cru, qu'ils me firent d'ailleurs rencontrer le surlendemain.

      Je m'asseyais donc dans l'un de ces grands fauteuils cossus pour découvrir une sensation nouvelle pour moi. II semblait que le froid, la grisaille avait été rejetée au loin et qu'autour de moi, s'était tissée une sorte de toile protectrice me mettant à l'abris des éléments agressifs. Je ne portais encore qu'une petite robe légère, enfilée à mon départ de Perpignan, et une sensation de chaleur me pénétrait à travers le fin tissu. 

      Nous discutâmes longuement jusqu'à ce qu'un copieux repas vienne calmer l'appétit pantagruélique nourri pendant les longues heures de train. 

      Je ferais ici une parenthèse pour vous décrire l'habillement de mes hôtes. Sitôt arrivés, les imperméables furent enlevés et je pus enfin les découvrir réellement. Natacha n'était pas très grande, un peu rondelette, avec des formes pleines et épanouies. Toute de latex vêtue, d'abord par une jupe étroite qui moulait à merveille ses cuisses et qui laissait apparaître sur ses fesses le liseré de sa culotte. Un chemisier gris clair en latex très fin épousait ses épaules, sa taille toutefois très mince et semblait ne pouvoir contenir son opulente poitrine que laissait apparaître la large échancrure déboutonnée. Des cuissardes à hauts talons, en latex noir montaient très haut sur ses jambes. Je découvris, plus tard dans la soirée, que culotte et soutien-gorge étaient ceux aussi de la même matière. François, de son côté, portait une simple combinaison à même la peau et l'absence de slip se distinguait nettement par le moulage de son pénis en semi érection car ce sympathique cochon ne se privait pas de regarder sous ma robe.

      Je dois très franchement avouer que je me prêtais au jeu avec un plaisir évident.

      Transsexuelle, pas mal fétichiste de lingerie fine, je n'avais jamais revêtu le moindre vêtement en latex et je sautais sur l'occasion lorsqu'au cours de l'inventaire des tiroirs de la commode, Natacha me proposa de m'habiller ainsi.

      Autant vous dire que je n'avais que l'embarras du choix.

      Je jetais mon dévolu sur un soutien-gorge moulant devenu trop petit pour elle et dans lequel mes seins prirent tout naturellement place. Une ceinture large, porte-jarretelles vint se fixer sur ma taille et eut à maintenir des bas en latex, peut-être un petit peu trop courts pour moi, mais avec l'avantage de laisser un espace plus large de peau fine à mes cuisses. Cet essayage m'électrisait franchement et Natacha s'amusait au spectacle de la jolie femme que je suis, du moins côté buste, et dont l'entre jambes s'ornait d'un mat frémissant, dressé par le plaisir. Elle me proposa un adorable mini slip, très élastique, qui ne me fit pas débander pour autant, bien au contraire, mais avec comme principal intérêt de remettre tout en ordre en effaçant bien mes attributs masculins, bien entre mes cuisses.

      Elle me prêta une robe de latex rouge, largement décolletée et fendue jusqu'en haut des hanches. Toutes deux perfectionnistes, je changeais mon rouge à lèvres par celui qu'elle me donna, assorti à la robe.

      Dans la glace, je pus constater que j'étais irrésistible, avis d'ailleurs partagé par François qui me fit dés mon retour, un pelotage en règle.

      Que vous dire de mes impressions à ce moment-là ! ...

      Tout d'abord une sensation de bien être, avec des vêtements à la fois ajustés sans pour cela être gênants. J'étais totalement libre de mes mouvements, tout en étant délicatement maintenue mais le plus évident était encore une impression de sensualité  exacerbée, délirante... à fleur de peau ne serait pas le terme exact car mon épiderme semblait s'être intégré au latex et c'est par lui que je percevais mon  environnement. Et puis, une sensation de chaleur animale, où ma propre odeur semblait s'être subtilisée, mariée à l'odeur sauvage du caoutchouc. J'avais pénétré un univers feutré, envoûtant. J'étais comme en transes quand la bouche de François se posa sur la mienne, j'entrouvrais les lèvres pour livrer passage à sa langue avide qui me fouilla et je lui rendis presque instinctivement sa caresse buccale. Lorsque je fus un peu essoufflée, cette même bouche quitta mes lèvres pour parcourir mes tempes, mon cou, mes oreilles, m'arrachant de petits gémissements de plaisir.

      Quatre mains ne demeuraient pas inactives... quatre car j'étais prise en sandwich entre Natacha et François, les mains de l'un triturant mes fesses, celles de l'autre, habiles et délicates, érigeant mes tétons à travers la double épaisseur de latex ce la robe et du soutien-gorge. Moi qui, en principe, suis assez longue à démarrer, je fus rapidement emportée par la tourmente de mes sens, tant et si bien qu'un violent orgasme me secoua et j'éjaculais dans ma petite culotte en latex, mon sexe ramené en arrière déversant le sperme dans la raie de mes fesses.

      Le trop plein d'excitation évacué, je pus goûter plus subtilement aux multiples caresses prodiguées par mes hôtes. Sans trop savoir comment, je me retrouvais à demi nue, allongée sur le canapé en latex, seulement vêtue de mes bas et mon porte-jarretelles. Tandis que François gobait mes seins à pleine bouche, Natacha nettoyait copieusement de la langue les restes de ma précédente décharge, pompant mon dard avec application, effaçant d'une langue agile les traînées blanchâtres qui maculaient mon entrejambes.

      Moi !  "La femme de l'an 2000", comme dit une de mes amies également trans, je bandais à m'en faire sauter le gland. Contre ma peau, ce n'était que multiples attouchements d'épiderme et de latex. J'explosais intérieurement dans une jouissance permanente. Et puis, enfin, je pris la position tant attendue, à genoux sur le canapé, la tête de Natacha sous moi, entre mes cuisses, pour un exquis 69, tandis qu'entre mes fesses, François darda sa chair vive. Lentement, délicatement, le membre pénétra mon intestin, s'enfonça encore plus profondément, pour se lancer progressivement dans un va-et-vient bien cadencé.

      A chaque coup, ses cuisses de latex gainées venaient butter contre mes fesses nues, mes cuisses, mes jambes recouvertes de latex, le latex des quelques vêtements restants à Natacha contre ma peau, le canapé en latex... et une jouissance formidable. Du latex partout, du sperme, du plaisir, du latex... un flash immense, éblouissant.

      Il me fallut un très long moment pour revenir du rêve à la réalité. Il me fallut une bonne douche pour reprendre mes esprits.

      Plus tard, je me retrouvais dans un bon lit, en compagnie de mes nouveaux amis, entre des draps, devinez en quoi ? Devinez pourquoi ?

      J'ai passé avec Natacha et son mari, une semaine inoubliable où j'ai découvert les vertus du latex.                 

      « C’était une façon d'aller au charbon » ...